Charlotte, le pré aux boutons d’or

« Créer une œuvre, c’est créer un monde » – D. Foenkinos

« Une révélation est la compréhension de ce que l’on sait déjà.
C’est le chemin qu’emprunte chaque artiste. » – D. Foenkinos

 

Charlotte_S

 

 

 

Saint-Jean Cap-Ferrat, août 1940-42

Alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein, Charlotte Salomon, née en 1917, se réfugie à Saint-Jean Cap Ferrat puis à Nice. Après des études à l’école des beaux-arts de Berlin qu’elle ne peut terminer à cause de ses origines, la jeune femme se plonge néanmoins dans la peinture, suivant les conseils du professeur de chant de sa belle-mère, Alfred Wolfsohn.

En un an et demi, elle peindra près de 1325 gouaches, bien souvent en fredonnant de la musique et en utilisant les trois couleurs principales : bleu, jaune et rouge. Déportée en 1943, elle a cependant le temps de confier son œuvre Leben ? oder Theater ? au docteur Moridis qui la conservera jusqu’à la fin de la guerre.

Bien que quelques expositions s’en suivent, il faudra attendre le roman Charlotte de David Foenkinos pour faire connaître Charlotte Salomon du grand public.

À travers notre spectacle musical qui retrace les quatre phases principales de sa vie (jeunesse, rencontres fondamentales avec sa belle-mère et A. Wolfsohn, mort et renaissance par l’art), nous avons souhaité rendre hommage à cette jeune artiste à l’histoire dramatique et à l’œuvre considérablement tourmentée et passionnée. Nous avons ainsi collaboré avec la compositrice canadienne Julie Thériault qui a écrit une œuvre tout spécialement pour cette occasion, Cendres. En parallèle, deux vernissages d’artistes plasticiennes ainsi qu’un court-métrage autour du thème La jeune fille et la mort, très présent dans l’œuvre de Charlotte, ont été réalisés. Une sélection de textes tirés de Leben ? oder Theater ? accompagnent et ponctuent le spectacle.

Malgré le tragique qui émerge de son histoire, nous avons décidé de dépeindre une Charlotte lumineuse et pleine d’optimisme. Tiraillée dans une famille pleine de mensonges et de suicides, elle a néanmoins choisi la vie en faisant de l’art son refuge.

 

 

« Il existe un point précis dans la trajectoire d’un artiste. Le moment où sa propre voix commence à se faire entendre. » – D. Foenkinos